Question du mois: comment les sélectionneurs de fonds profitent de cette course au cash ?

Par le

Alors que la pluspart des sociétés se battent pour renforcer leurs trésoreries, comment font les sélectionneurs de fonds pour profiter de cette tendance?






Benjamin Caron, Invesco

2 trillions de dollars ! C’est la quantité de cash que l’on estime être dans les bilans des sociétés du S&P500. Au cours de la récession, de nombreuses sociétés ont réagi en constituant des réserves de cash et en remboursant leurs dettes. Celles du secteur des technologies et de l’information ont été les leaders de cette tendance. Par exemples, plus de 16 % des valeurs boursières d’Apple, Qualcomm, Google’s et Microsoft correspondent à leurs trésoreries et titres. Cette situation offre donc des possibilités pour les investisseurs. En effet, le cash représente flexibilité et pouvoir : il facilite l’accès au capital, il stimule les dividendes, il offre la possibilité pour les sociétés de racheter des actions, et il est à la base d’une croissance future des sociétés en leurs permettant d’acheter des entreprises concurrentes ou d’investir dans la recherche et le développement.

En résumé, nous apprécions les entreprises de ce secteur car elles sont, en partie, immunisées face à ce contexte économique international compliqué. Elles sont poussées par le désir d’innover, elles ont le pouvoir d’accroître leurs revenus et un niveau élevé de trésorerie dans leurs bilans.

Tous ces indicateurs peuvent venir récompenser les investisseurs et vont permettre au secteur des technologies de continuer de fleurir dans les années qui viennent, en particulier si ces sociétés continuent de payer des dividendes élevés. Des fonds comme Henderson Horizon - Global Technology Fund ou PowerShares EQQQ sont de bons instruments pour investir dans ce secteur. Néanmoins, il faut garder en tête que la gestion du cash représente en même temps un vrai défi. De nos jours, de nombreuses sociétés ne savent pas comment l’utiliser et les investisseurs peuvent ainsi craindre que ce cash reste définitivement enfermé  dans le coffre-fort des sociétés… C’est donc un risque !  

Grégory Steiner, Gestion Privée Indosuez

A mon avis, le besoin pour les sociétés de préserver leurs niveaux de cash afin d’être moins soumis à la pression fiscale est plus un problème pour les économies développées que pour celles émergentes. Dans ce contexte de ralentissement de la croissance économique, les sociétés qui en sortiront vainqueurs seront celles exposées à ce qu’on appelle ‘la croissance visible’ et donc exposées aux marchés à forte croissance comme dans les pays émergents par exemple.

Les autres ‘vainqueurs’ seront les sociétés qui bénéficient d’un avantage compétitif comme le pouvoir de fixer les prix du marché, celles qui ont une position monopolistique ou celles qui possèdent des marques de renom.

Dans le monde des marchés développés d’actions, les meilleurs fonds qui offrent cette exposition sur le plan international sont les fonds Morgan Stanley Global Brand et Comgest Monde. Ce dernier est géré par Céline Piquemal-Prade. Pour investir dans des zones géographiques plus spécifiques, les fonds Wells Fargo US All Cap Growth, Comgest Renaissance Europe (géré par Laurent Dobler) et Fidelity Europe (géré par Victoire de Trogoff) sont parmi nos favoris.